« Pour les musulmans » : article d’Edwy Plenel, sur Mediapart

Mosquée des Omeyyades, Damas

Photo : mosquée des Omeyyades, Damas
© Serge Ruscram, 2010

Il s’agit d’un article paru sur le site Mediapart le 18-08-2013 (accessible aux abonnés). Cet article est, à mes yeux essentiel, (même si je suis en désaccord avec certaines des positions qu’il exprime, mais il s’agit de détails par rapport au fond du message). Il est très proche de nombreuses choses dites sur ce blog : au-delà de références qu’il donne et auxquelles j’attache une importance particulière, comme le livre Le Rendez-vous des civilisations de Youssef Courbage et Emmanuel Todd (voir ma note de lecture), ou Edward Saïd (auquel je fais aussi référence à plusieurs reprises), auxquelles j’ajouterais volontiers Georges Corm (voir ma note de lecture sur son livre Orient- Occident : la fracture imaginaire), l’argument de l’article d’Edwy Plenel est très proche de celui de l’article Lumières, laïcité et occidentalocentrisme de ce blog.

Voici le texte de l’article, suivi de trois commentaires faits sur le site et de la réponse d’Edwy Plenel. Lire la suite « « Pour les musulmans » : article d’Edwy Plenel, sur Mediapart »

Note de lecture : « Orient-Occident, la fracture imaginaire », Georges Corm

Photo : Alhambra de Grenade
© Serge Ruscram, 09-2010

Orient-Occident, la fracture imaginaire,  Georges Corm, La Découverte, Cahiers libres, 2002

Léopold Sédar Senghor vantait les mérites du métissage culturel. La lecture de ce livre de Georges Corm donne une illustration presque jubilatoire du bien fondé de sa position.

G. Corm, libanais, est un de ces exemples d’intellectuels dont la pensée, du fait de leur culture cosmopolite, souvent minoritaire, est particulièrement riche et originale. On pense souvent, en le lisant, à d’autres auteurs ayant ce type de culture, comme Edward W. Saïd [i], palestinien de culture chrétienne, ou Edgar Morin [ii], judéo-gentil, selon le terme qu’il emploie lui-même, et penseur de la complexité. On pense aussi à l’École de Francfort. G. Corm cite d’ailleurs comme références bibliographiques importantes Herbert Marcuse [iii], Theodor W. Adorno [iv] et Jürgen Habermas [v].

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Note de lecture : « Quatre-vingt-treize », Gilles Kepel

Quatre-vingt-treize, Gilles Kepel, Gallimard, 2012

Gilles Kepel a dirigé pour l’institut Montaigne l’enquête de terrain Banlieue de la République (voir le site de l’enquête et son résumé).

Cette enquête, réalisée en 2010 et 2011 dans la zone de Clichy/Montfermeil, en Seine-Saint-Denis (93), analyse la façon dont s’imbriquent les variables comme la relégation, l’enclavement spatial et les problèmes de l’éducation, de l’emploi et de la sécurité, pour générer une émeute qui s’est répandue dans l’ensemble du pays. Elle étudie notamment la façon dont la référence à l’islam a pénétré l’espace social.

G. Kepel, après la publication des résultats de cette étude, a écrit Quatre-vingt-treize (Gallimard, 2012), qui propose une formalisation de l’évolution, dans les dernières décennies, de la place de l’islam en France, devenu l’islam de France.

La présente note de lecture donne une vision simplifiée, un peu réductrice – je demande à l’auteur de m’excuser pour les raccourcis abusifs et pour les erreurs éventuelles.

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Lumières, laïcité et occidentalocentrisme

Mosquée chiite, Damas
© Serge Ruscram, 2010

D’après un exposé fait le 23-10-2012

« Les races supérieures, c’est à dire les sociétés occidentales parvenues à un haut degré de développement technique, scientifique et moral, ont à la fois des droits et des devoirs à l’égard des races inférieures. (…) Partout doivent reculer les antiques puissances de l’ignorance, de la superstition, de la peur, de l’oppression de l’homme par l’homme. Ainsi l’action colonisatrice est-elle fondamentalement définie comme une œuvre d’émancipation : par elle, et à travers elle, se poursuit la lutte, entreprise depuis [des siècles] au nom de l’esprit de Lumière, contre l’injustice, l’esclavage, la soumission aux Ténèbres. »

Je vous rassure : il ne s’agit pas d’une intervention de notre actuel ministre de l’intérieur. Alors, s’agit-il d’une dernière intervention de Claude Guéant avant son départ du ministère de l’intérieur ? Ou s’agit-il de l’exposé des motifs de la loi signée entre autres par François Fillon et Jean-François Copé, le 25 février 2005, qui affirmaient le « caractère positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » [i] ? Ou d’un extrait du célèbre discours de Dakar de notre ancien président de la République ?

Eh bien non ! Cette intéressante prise de position est le fait de… Jules Ferry. C’était le 28 juillet 1885, à la tribune de la Chambre des députés.

Mon exposé n’a évidemment pas pour objectif de critiquer untel ou untel pour des opinions qui étaient répandues à l’époque, y compris chez des gens éclairés : je voudrais simplement alerter sur le fait que nos positions sur l’autre, sur l’étranger, sont parfois fortement biaisées par notre point de vue.

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