De la laïcité dans les valeurs de la République

Une valeur de paix qui deviendrait conflictuelle ?

© Serge Ruscram, 23-12-201
© Richard Murray sur Wikepédia (photo du kilt)
© Serge Ruscram pour les autres photos (Sahel malien et nigérien, 1977)
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1      Laïcité : que de conflits sémantiques en ton nom !

  • Est-il interdit d’ajouter une épithète au substantif laïcité, ou est-ce nécessaire, comme l’a dit Nicolas Sarkozy, qui souhaitait une laïcité positive[1] ?
  • La laïcité se définit-elle par la loi de 1905, ni plus ni moins, supposée parfaite, ou faut-il la faire évoluer pour qu’elle s’adapte aux évolutions de la société ?
  • La laïcité est-elle unique, et faut-il pour cette raison critiquer Jean Baubérot qui propose une typologie de la laïcité dans son livre Les sept laïcités françaises[2] ?
  • Les mots laïcisme et islamophobie ont-ils un sens ?

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Il ne faut pas désespérer la France périphérique…

… maintenant que Billancourt n’existe plus

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Le titre de cet article est inspiré par une phrase qu’aurait dite Jean-Paul Sartre en 1968 : « Il ne faut pas désespérer Billancourt ». L’usine Renault de Billancourt était alors une citadelle ouvrière. En réalité, il semble que cette phrase provienne du collage de deux répliques de Nekrassov, une pièce peu connue de Jean-Paul Sartre, créée en 1955 : « Il ne faut pas désespérer les pauvres » et « Désespérons Billancourt ». Aujourd’hui, Billancourt n’existe plus, en tout cas en tant que bastion syndical, et, avec la désindustrialisation, le néo-libéralisme et leur impact sur le développement de l’individualisme, la classe ouvrière a volé en éclats. Mais la recherche sociologique et économique récente met en évidence l’émergence d’une France périphérique, probablement majoritaire dans la population et en croissance, qui ne bénéficie pas des avantages de la mondialisation et continue à se marginaliser.

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Note de lecture : « Quatre-vingt-treize », Gilles Kepel

Quatre-vingt-treize, Gilles Kepel, Gallimard, 2012

Gilles Kepel a dirigé pour l’institut Montaigne l’enquête de terrain Banlieue de la République (voir le site de l’enquête et son résumé).

Cette enquête, réalisée en 2010 et 2011 dans la zone de Clichy/Montfermeil, en Seine-Saint-Denis (93), analyse la façon dont s’imbriquent les variables comme la relégation, l’enclavement spatial et les problèmes de l’éducation, de l’emploi et de la sécurité, pour générer une émeute qui s’est répandue dans l’ensemble du pays. Elle étudie notamment la façon dont la référence à l’islam a pénétré l’espace social.

G. Kepel, après la publication des résultats de cette étude, a écrit Quatre-vingt-treize (Gallimard, 2012), qui propose une formalisation de l’évolution, dans les dernières décennies, de la place de l’islam en France, devenu l’islam de France.

La présente note de lecture donne une vision simplifiée, un peu réductrice – je demande à l’auteur de m’excuser pour les raccourcis abusifs et pour les erreurs éventuelles.

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